Costumes, blazers et tenues de bureau : ce qui se revend

Le vestiaire professionnel est celui qui a le plus changé ces dernières années. Deux jours de télétravail par semaine, des codes vestimentaires qui se sont relâchés, une reconversion ou simplement un poste différent : beaucoup de dressings gardent une rangée de costumes, de tailleurs et de chemises qui ne servent plus qu'une ou deux fois par an.

C'est une catégorie qui se revend bien, à une condition qui écarte pourtant la moitié des pièces envoyées. Voici ce qui part vraiment, ce qui est systématiquement refusé, et comment trier avant de fermer ton carton.

Pourquoi cette catégorie se revend bien

Trois raisons, et elles jouent toutes en ta faveur.

Ces vêtements sont peu portés. Un costume acheté pour un poste puis relégué au fond d'une penderie a souvent moins de vingt sorties au compteur, là où un jean en a plusieurs centaines. C'est exactement le profil recherché : une pièce qui a coûté cher et qui a très peu servi.

Ils sont conçus pour durer. Une veste structurée, un pantalon en laine, un manteau de ville : ce sont des constructions solides, doublées, dont la matière vieillit lentement quand elle est bien entretenue.

La demande est réelle et régulière. Un premier entretien, un stage, une reprise d'activité, un mariage : il existe toute l'année des personnes qui cherchent une pièce habillée sans vouloir y consacrer le prix du neuf. C'est même l'une des situations où la seconde main est la plus évidente, parce que le vêtement servira quelques fois.

Le piège numéro un : la retouche

C'est le point à vérifier avant tout le reste, et celui qui provoque le plus de refus sur cette catégorie.

Toute modification apportée à un vêtement entraîne son refus au contrôle qualité : ourlet raccourci, taille reprise, manche ajustée, écusson ajouté. La raison est simple et tient à l'acheteuse : un pantalon annoncé en taille 40 mais dont l'ourlet a été remonté de six centimètres ne correspond plus à la taille 40, et personne ne peut le deviner sur une photo.

Or le vestiaire professionnel est précisément celui qu'on fait retoucher. Un pantalon de costume est presque toujours ourlé à la bonne longueur, une veste est souvent reprise aux manches. C'est ce qui explique qu'une penderie entière de belles pièces puisse repartir avec un taux de refus élevé.

La vérification prend dix secondes par pièce. Retourne le bas du pantalon et regarde la couture de l'ourlet : une couture d'origine est régulière, parfaitement alignée, souvent invisible sur l'endroit. Une reprise se voit à un point différent, à une marque de repassage sur l'ancien pli, ou à un excédent de tissu replié à l'intérieur.

Ce qui part vraiment

Par famille de pièces, du plus au moins facile à revendre.

Les blazers et vestes de tailleur. C'est la meilleure pièce de la catégorie. Un blazer se porte aujourd'hui bien au-delà du bureau, sur un jean comme sur une robe, ce qui élargit énormément son public. Les coupes sobres, les couleurs neutres et la laine se revendent le mieux.

Les manteaux de ville. Trench, caban, manteau en laine : ils souffrent peu, ils traversent les modes et ils se cherchent chaque automne. Vérifie la doublure et l'état des boutons, ce sont les deux points qui trahissent l'usure.

Les robes et jupes de bureau. Elles fonctionnent bien à condition de rester intemporelles. Une robe droite unie se revend, une pièce très marquée par la saison où elle a été achetée beaucoup moins.

Les chemises et chemisiers. Tout se joue au col et aux poignets. Ce sont les deux zones qui s'usent en premier et les seules que l'on regarde vraiment. Un col net passe, un col légèrement grisé est refusé même si le reste est impeccable.

Les pantalons de costume. Ce sont les plus concernés par la question de la retouche, et par l'usure à l'entrejambe et à l'assise, invisible de face mais bien réelle. Sors la pièce au jour et regarde le tissu en le tendant légèrement : une zone lustrée ou éclaircie ne passera pas.

Ce qui ne passe pas

Autant l'écarter avant l'envoi plutôt que d'occuper de la place dans le carton pour rien.

Les pièces retouchées, donc, quel que soit leur état par ailleurs. Les cols et poignets marqués, jaunis ou frottés. Les vestes dont la doublure est déchirée sous l'emmanchure, un classique du costume porté quotidiennement. Les tissus lustrés aux coudes, aux genoux ou à l'assise. Les vêtements dont l'étiquette de marque ou l'étiquette de taille a été coupée, puisque la pièce n'est alors plus identifiable. Et les marques qui ne figurent pas dans le simulateur de rachat : la reprise concerne des marques reconnues, ce que tu peux vérifier en quelques secondes avant d'envoyer.

Dernier critère souvent oublié : la pièce doit avoir moins de dix ans. Un costume des années deux mille, même impeccable, sort du périmètre, et sa coupe le trahirait de toute façon.

Préparer l'envoi correctement

Cette catégorie demande un peu plus de soin que le reste du dressing, parce que la laine et les pièces structurées marquent.

Fais nettoyer ce qui doit l'être. Quelques euros de pressing évitent un refus pour un motif purement cosmétique, et la laine garde les odeurs bien plus longtemps qu'un coton.

Plie sur le cintre plutôt qu'en boule. Une veste envoyée dans sa housse, pliée une seule fois en deux, arrive présentable. La même veste tassée au fond d'un carton arrive froissée et se présente mal au contrôle.

Complète ton colis. L'envoi se fait à partir d'un nombre minimum d'articles, et les tenues de bureau représentent rarement un carton entier à elles seules. Profites-en pour ajouter le reste de ton tri : la démarche est la même, et les étapes de préparation d'un colis valent pour toutes les catégories.

Sache enfin ce que tu décides pour les refus : selon ton choix à l'envoi, les pièces non retenues sont remises à une association ou te sont renvoyées avec des frais de retour. C'est une raison de plus de trier sérieusement en amont.

Combien en attendre

La valeur de reprise dépend de la marque, de l'état et de la demande du moment, pas de ce que la pièce t'a coûté. C'est le point qui surprend le plus sur cette catégorie : un costume payé quatre cents euros il y a huit ans ne se repositionne pas à la moitié de ce prix, parce qu'il est jugé sur ce qu'un acheteur est prêt à mettre aujourd'hui pour ce vêtement précis.

La façon dont ce montant est établi est détaillée dans notre article sur la fixation du prix en dépôt-vente, et le calendrier de paiement dans celui qui explique quand et comment tu es payée.

Une remarque enfin pour celles et ceux qui trient un vestiaire professionnel entier, parfois plusieurs dizaines de pièces : à partir d'un certain volume, la revente ressemble moins à un vide-dressing qu'à une petite activité, avec un suivi à tenir. Les outils et les règles qui s'appliquent alors sont décrits dans le guide DressKare sur le dépôt-vente en ligne.

Le tri en quatre minutes par pièce

Reprends chaque vêtement dans cet ordre, et la décision se prend sans hésiter.

Regarde l'ourlet et les manches : retouché, la pièce sort. Regarde le col et les poignets à la lumière du jour : marqués, la pièce sort. Tends le tissu aux zones de frottement : lustré, la pièce sort. Vérifie les deux étiquettes, marque et taille : absentes, la pièce sort. Vérifie enfin la marque dans le simulateur et l'âge approximatif du vêtement.

Ce qui reste après ces cinq contrôles a de vraies chances d'être retenu. Et ce que tu écartes n'est pas perdu pour autant : le don et le recyclage textile existent précisément pour ces pièces-là, comme le rappelle notre article sur le choix entre dépôt-vente et don.

Ce qu'il faut retenir

Le vestiaire professionnel est l'un des meilleurs candidats à la revente : peu porté, bien construit, recherché toute l'année. Le blazer est la pièce reine de la catégorie.

Mais c'est aussi celui qu'on fait le plus retoucher, et une pièce modifiée est refusée quel que soit son état. Vérifie l'ourlet avant tout le reste, puis les cols et les poignets. Ces deux contrôles, faits en amont, décident à eux seuls de ce que ton colis va te rapporter.

Questions fréquentes

Un pantalon de costume retouché est-il repris en dépôt-vente ?

Non, et c'est le premier motif de refus sur cette catégorie. Un ourlet raccourci, une taille reprise, une manche ajustée : toute modification apportée à la pièce entraîne son refus au contrôle qualité. C'est logique du point de vue de l'acheteur, qui reçoit un vêtement dont les mesures ne correspondent plus à celles de la taille annoncée. Avant d'envoyer un pantalon ou une veste, retourne l'ourlet et regarde la couture : si elle n'est pas celle d'origine, garde la pièce ou oriente-la vers le don.

Peut-on envoyer un costume dépareillé, veste sans pantalon ?

Oui, et c'est même souvent plus simple. Une veste de tailleur ou un blazer se revend seul très correctement, parce qu'il s'accorde avec ce que l'acheteuse a déjà. Un ensemble complet ne se revend bien que si les deux pièces sont dans le même état et la même taille, ce qui est rare : le pantalon s'use presque toujours plus vite que la veste. Envoie donc chaque pièce selon son propre état plutôt que de tout écarter parce qu'une moitié est fatiguée.

Les chemises de bureau valent-elles la peine d'être envoyées ?

Cela dépend entièrement de deux zones : le col et les poignets. Ce sont elles qui s'usent en premier et qui trahissent un vêtement porté chaque semaine pendant des années. Un col net, sans jaunissement ni frottement visible, sur une marque reconnue, passe sans difficulté. Un col légèrement grisé sera recalé, même si le reste de la chemise est impeccable. Regarde ces deux points à la lumière du jour avant de décider.

Faut-il faire nettoyer ses costumes avant de les envoyer ?

Oui, les vêtements doivent arriver propres et repassés, et c'est particulièrement vrai pour la laine et les pièces structurées, qui gardent les odeurs et marquent au pliage. Un passage au pressing avant l'envoi coûte quelques euros et évite un refus pour un motif purement cosmétique. Envoie les pièces sur cintre dans la housse plutôt qu'en boule au fond du carton : une veste froissée à l'arrivée n'a pas la même allure au contrôle.

Que deviennent les pièces refusées au contrôle ?

Elles ne sont pas mises en vente. Selon ce que tu as choisi au moment de l'envoi, elles sont soit remises à une association, soit renvoyées chez toi moyennant des frais de retour. C'est la raison pour laquelle le tri en amont compte autant : chaque pièce dont tu sais déjà qu'elle a été retouchée ou que son col est marqué occupe de la place dans le colis sans aucune chance de te rapporter quoi que ce soit.

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